Faire connaître et cultiver la mémoire historique de la Libération de Paris en 1944, commencée le 19 juillet 1936 en Espagne, continuée sur différents fronts en Europe et en Afrique ou dans les maquis en France et qui se prolongea dans le combat contre le franquisme.


 
 
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1937, Aide aux enfants basques et catalans, 1939, routes de l’exil et camps de la Retirada.
L’oeuvre humanitaire et photographique de Philippe Gaussot, membre actif du Comité National catholique d’aide à l’enfance basque.

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Nous étions un petit groupe de notre association, présents ce 4 décembre à l’Arqueria de Nuevos Ministerios à Madrid, pour participer à l’inauguration d’une grande exposition sur l’exil des républicains espagnols. Nous y étions invités car nous avons réalisé une partie de cette exposition en couvrant les murs d’une salle spacieuse de 95 photos inédites de Philippe Gaussot.

L’exposition dans son intégralité sera à Madrid jusqu’à la fin janvier 2020 et des classes d’étudiants doivent aller la visiter.

Philippe Gaussot, Que faisait cet homme, sans relation visible avec l’Espagne, au coeur des populations espagnoles fuyant la terrible répression du dictateur ?

Engagé dans les Jeunesses Ètudiantes Chrétiennes, il ne supportait pas de savoir ce peuple pourchassé et assassiné par les franquistes sans s’impliquer pour lui venir en aide. Ainsi Philippe Gaussot entre au Comité National Catholique pour changer le cours de l’histoire, des enfants d’abord et de toute une population ensuite.
"Le Comité National Catholique : Le déclenchement de la guerre civile espagnole entraîna une série d’initiatives d’aide humanitaire très diverses, et les enfants furent, dès le début, un des groupes qui suscita le plus de préoccupations. Déjà, dans les premiers jours de l’exode basque, et sous l’égide de l’Église catholique, fut créé le Comité national catholique d’accueil aux Basques, rejoint, lorsque la guerre atteignit la Catalogne, par le Comité national catholique de secours à l’enfance de Catalogne. Ces deux organismes remplirent une tâche énorme en mettant en place en territoire français des colonies pour accueillir les enfants…" de Gemma Caballer, Queralt Solé

Cette exposition de photos nous est parvenue par Felip Solé, infatigable marcheur sur les sentes de la mémoire des antifascistes espagnols. Son désir : que nous prenions en charge la réalisation de cette exposition, et sa diffusion partout où elle peut être accueillie. Ce que nous nous efforçons de mettre en pratique.

Dans une salle allouée spécialement à ces photos, le public peut suivre les étapes de l’exil espagnol. Le lieu est spacieux, réservé uniquement à ces photos inédites, nous pouvons prendre le temps de les découvrir, de les apprécier, et de lire sur les visages des photographiés leur amitié et bienveillance envers le photographe. De terribles photos mais emplies d’humanité !
Les enfants jouent et travaillent collectivement pour que la vie soit plus agréable dans le centre. Et tout à coup surgissent des files ininterrompues de femmes, d’enfants et d’hommes mais aussi d’animaux et de matériel, fuyant une mort annoncée… 

Ces photos sont très puissantes surtout que grâce au travail opiniâtre de Felip Solé et de Grégory Tuban. Ils ont identifiés les lieux, reconstitués les parcours. Et Gemma Caballer, Queralt Solé ont partagé avec nous leurs recherches sur le Comité National Catholique.

Jean-Philippe Gaussot, le fils de Philippe par lequel nous sont parvenus ces clichés était présent. Il n’en revenait pas d’avoir pu rendre à son père cet hommage. Car ces photos étaient enfouies au fond d’une mallette dans son grenier et son père ne les avait jamais mises en avant ; il n’avait pas parlé de son action auprès des démunis de l’exil espagnol… comme si son engagement était naturel et normal. Lui aussi, comme beaucoup d’Espagnols combattants de la Liberté, considérait qu’il avait seulement accompli son devoir sans autre forme de gloire, et durant ce temps passé auprès des réfugiés il s’était adonné à son passe temps préféré : la photo !

Dans la salle voisine en contrebas, nous retrouvons l’ami à l’oeil acéré Pierre Gonnord et tout à coup de réalisateurs d’exposition nous devenons sujets de photos. En effet, cet été, Pierre a passé une grosse semaine à Paris pour photographier ceux qui avait connu l’exil, les camps et leurs descendants. Nous voilà donc plaqués au mur, avec nos visages, nos objets et le texte de nos témoignages. Nous peinons à nous reconnaitre. Comme le dit notre amie Chari : "C’est la plus belle photo de ma vie !"

Chacun y a mis toutes les forces de son histoire, et de celle de ses parents. Il fallait bien raccompagner nos géniteurs jusqu’à leur terre natale d’une manière digne et avec les honneurs.

Franchement, ce fut une vraie réussite. Pour la première fois après 80 ans d’exil, ils sont accueillis dans la capitale espagnole, par les plus hautes instances du pays.
Alors même si les choses sont encore imparfaites, même s’il reste encore du chemin pour que justice soit rendue à toutes les victimes du franquisme et à tous ces combattant(e)s de la Liberté, nous ne bouderons pas sur cet hommage et sur les considérations dont ils sont l’objet.

Voici quelques liens qui décrivent l’inauguration de l’exposition :
[https://www.elespanol.com/cultura/historia/20191206/fotos-ineditas-exilio-republicano-descubiertas-maleta/449735024_3.html#img_2]

https://youtu.be/zWC1C1w9qtg

https://elpais.com/cultura/2019/12/...

-Nos parents sont à nouveau au coeur de l’actualité, d’autant plus que s’ils sont accueillis avec amitié et considération par le gouvernement espagnol actuel, ils sont honnis par le nouveau maire de Madrid et ses alliés peu fréquentables, car au moment où nous étions à Madrid, la municipalité de droite et extrême droite faisait détruire le monument du cimetière de l’Amudena (Est de la ville) le monument comportant 2937 noms de fusillés par Franco entre 1939 et 1944.

C’est dire si les antifascistes espagnols de 1936 et leur mémoire ont encore un rôle à jouer bien vivace auprès de la population espagnole et surtout de la jeunesse !
Nous avons d’ailleurs lancé une pétition pour que la maire de Madrid revienne sur ce saccage innommable. Vous pouvez la signer :

Vous pourrez en savoir plus et sign...

Portfolio
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