Faire connaître et cultiver la mémoire historique de la Libération de Paris en 1944, commencée le 19 juillet 1936 en Espagne, continuée sur différents fronts en Europe et en Afrique ou dans les maquis en France et qui se prolongea dans le combat contre le franquisme.


 
 
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« Dans chaque entreprise, les travailleurs ont pris le contrôle de l’usine ou de l’atelier, des machines, des matières premières, et profitant de la continuation du système monétaire et des relations commerciales normales capitalistes ont organisé la production à leurs propres comptes vendant pour leur propre bénéfice le produit de leur travail ». Gaston Leval

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Espagne 1936 : Révolution autogestionnaire Collectivités agraires :

Ce sont des centaines de milliers d’hommes et de femmes qui, prenant leur sort en main, vont vivre ce que l’on appelle Communisme Libertaire, autogestion, socialisme.
On compte 350 collectivités en Catalogne, 500 au Levant, 450 en Aragon (où 75% des terres sont collectivisées), 240 en Nouvelle Castille. Il y en a aussi dans l’Extremadure et en Andalousie. Chacune a ses caractéristiques, car les décisions sont prises par les assemblées générales des collectivistes.

Alimentation

En ce qui concerne le ravitaillement des grandes villes, voyons ce qu’ont fait les travailleurs de l’Industrie Alimentaire :
À Barcelone, dès le 19 juillet, la C.N.T. prend la direction de 39 grandes entreprises alimentaires qui, pour la plupart, sont transformées en restaurants à prix modérés et un restaurant populaire à prix fixe est créé.
Ce sont les travailleurs de l’industrie alimentaire qui ont pris en main l’approvisionnement des grandes villes, comme par exemple au marché central de Barcelone.

Transports

À Barcelone, l’ensemble des moyens de transports se trouvent dès juillet 1936 aux mains des travailleurs : les tramways, les autobus, le métro comme les taxis, et l’ensemble des chemins de fer de Catalogne.
C’est la C.N.T. qui prend l’initiative de la Collectivisation. À la société des tramways, elle compte 3.322 affiliés sur 3.442 employés, mais l’on fait aussi une place à l’U.G.T., par exemple dans les chemins de fer.

Deux exemples

Collectivité de Monzón

La Collectivité de Monzón (Aragon, province de Huesca), constituée en 1936 avec près de 45, personnes, est détruite en mars 1938 par l’arrivée des fascistes.
Le patrimoine est composé des terres apportées par les membres et par celles confisquées des fascistes en fuite.
La collectivité était divisée en 22 sections de travail dont la plus importante est l’agriculture, la solidarité entre groupes est active.
L’assemblée générale est souveraine et se réunit une fois par semaine, normalement. Dans le cadre du canton, les 32 collectivités se réunissent périodiquement pour débattre des problèmes généraux : un comité siégeant à Binéfar (province de Huesca) coordonne leurs relations.
Les échanges avec l’extérieur sont payés en monnaie officielle, mais le reste fonctionne grâce au troc.
La journée de travail était de 8 heures pour tous, et le salaire familial :
5 pesetas par jour pour tout célibataire, homme ou femme ; 9 pesetas par jour pour un couple ; 3,5 pesetas par jour par enfant de moins de 14 ans ou une personne âgée ; 4 pesetas par jour par enfant de plus de 14 ans ; avec en plus le bénéfice de la médecine gratuite pour tous. La contribution à l’effort de guerre est le départ volontaire de la majorité des jeunes pour le front, la création d’un atelier de fabrication de bouteilles incendiaires et l’envoi de trains de ravitaillement gratuit.

Collectivité de Calanda

Calanda (Province de Teruel en Aragon), 26 juillet, les milices de Catalogne chassent les fascistes et on nomme un Comité révolutionnaire composé de 4 membres de la C.N. T. et de 2 membres de la Gauche républicaine, le seul parti antifasciste existant. On décide alors de proclamer le Communisme libertaire, en laissant, bien entendu, la possibilité aux individualistes de continuer à vivre comme auparavant. Mais sur les 5.000 habitants de Calanda, moins d’une dizaine peut-être restent à l’écart de la collectivité.
Calanda vit ainsi, libre jusqu’en août 1937, date à laquelle les troupes du bolchevik Lister viennent détruire l’œuvre réalisée.
Pendant deux mois, le village connut alors la contrainte et la répression. Pourtant en octobre 1937, 2.500 habitants de Calanda constituent une seconde collectivité. Elle vécut jusqu’en mars 1938, quand les troupes de Franco envahirent la région.