Faire connaître et cultiver la mémoire historique de la Libération de Paris en 1944, commencée le 19 juillet 1936 en Espagne, continuée sur différents fronts en Europe et en Afrique ou dans les maquis en France et qui se prolongea dans le combat contre le franquisme.


 
 
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La surveillance, qui depuis le début est au centre du dispositif, est renforcée dans les camps avec une valeur ajoutée : la punition.
Surveiller et punir. Pour la moindre broutille, brutalités et punitions sont fréquentes.
Avant l’ouverture de locaux disciplinaires dont tous les camps sont dotés à partir de mai, existent des prisons ouvertes. Malgré des variantes, le principe est le même. Il s’agit de deux enclos, l’un où l’on marche, « l’hippodromo », l’autre où l’on se tient debout, éventuellement attaché à un poteau, le « cuadrilatero », dans lequel le puni peut rester plusieurs jours. Les rations alimentaires déjà insuffisantes sont réduites de moitié ou supprimées. Le prisonnier est exposé à la vue de tous et, dans certains cas, obligé de rester nu. Pour servir d’exemple, la punition est parfois annoncée par haut-parleurs afin d’être entendue de tous.
Les « fortes têtes », les individus « douteux » ou les récidivistes doivent être éloignés dans les camps spécifiques prévus à cet effet.
La correspondance des réfugiés est soumise à la censure par les services des postes (ou de la police en cas de refus) et de l’intendance du camp. Les journaux autorisés, sont limités à la presse de droite. Il est interdit, sauf autorisation expresse, d’entrer ou de s’approcher des camps pour établir un contact avec les réfugiés, d’autant plus de leur remettre quoique ce soit sans contrôle des autorités. Les corvées à l’extérieur des camps se font étroitement encadrées.

Les camps répressifs

Les réfugiés considérés suspects ou dangereux pour l’ordre public, sont dirigés vers les camps disciplinaires. Parmi eux, les individus soupçonnés d’activisme politique depuis 1931 en France comme en Espagne.
Les premiers « condamnés » sont dirigés vers le château de Fort Collioure. Ils sont enfermés dans le prestigieux et imposant château royal, transformé en prison, qui peut contenir 350 à 400 hommes. Les conditions de détention y sont terribles. Tous les hommes traités comme des criminels par des officiers qui détiennent un pouvoir illimité, effectuent quotidiennement un travail de forçat. Régulièrement frappés et insultés, la hantise reste la punition car outre le cachot commun à tous les camps, Fort Collioure dispose d’une « section spéciale » où les prisonniers seraient soumis à des actes de torture.
En raison des conditions de vie et des repas insuffisants, leur état physique est toujours déficient.
En mai 1939, ces conditions dénoncées par l’humanité et la ligue des droits de l’homme provoquent un tel scandale que le 3 juillet, ce pénitencier est officiellement fermé. Même si, passée cette date, de nouveaux réfugiés y seront encore envoyés par mesure disciplinaire ou parce que suspects.

L’ensemble des autres prisons ou camps disciplinaires est sur le même mode. Que ce soit la prison de Perpignan, le camp de Rieucros ou celui du Vernet d’Ariège, qui restera le plus dur des camps de métropole, partout règnent arbitraire et brutalités. Au faîte de cette triste hiérarchie, les camps d’Afrique du Nord, dont la situation empire singulièrement sous Vichy. Transformés alors en véritables bagnes implantés en plein désert, ils seront un moyen de se débarrasser des étrangers soupçonnés de subversion. Les terribles conditions aggravées par le sadisme des responsables provoqueront un taux de mortalité impressionnant.

Portfolio
carré des punis