Faire connaître et cultiver la mémoire historique de la Libération de Paris en 1944, commencée le 19 juillet 1936 en Espagne, continuée sur différents fronts en Europe et en Afrique ou dans les maquis en France et qui se prolongea dans le combat contre le franquisme.


 
 
Accueil > L’association > ÉCOUCHÉ (Orne) 13 août 1944 - 13 août 2017
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Nous étions une délégation de onze personnes, à Écouché ce dimanche 13 août 2017. Onze avec Mar y Luz Cariño-Lopez, Marie-José Cortés et leur sympathique amie, notre fidèle couple d’amis de Picardie : Emmanuelle et Didier.

Avant la cérémonie.
Nous avons pris le temps d’une petite balade dans le beau village d’Écouché. Il se rattache au style normand, bien campé sur ses pierres solides, et ses maisons à colombages lesquelles, si elles sont peu nombreuses, sont admirables.
Nous avons découvert l’église, ou plutôt les églises, car à la même place, il y en eu successivement trois de bâties, à travers les siècles.

Nous avons été chaleureusement accueillis, par les services de la mairie d’Écouché, notamment par Monsieur Laurent secrétaire de mairie et le président des anciens combattants, monsieur Busquet.

11H00 le monde se presse au cimetière.
C’est à première vue une commémoration exceptionnelle qui sort des célébrations annuelles habituelles. Il y a foule, une forêt de drapeaux de régiments différents et notamment tous ceux qui ont composé, en leur temps, la si célèbre 2e Division Blindée du général Leclerc. Après l’intervention générale de Monsieur Bayard, président de l’association de l’Orne : " Vive la résistance ", maitre de cérémonie de ce dimanche et venu d’Alençon pour l’occasion, il y eut le dépôt des gerbes, dont la nôtre. Puis la parole est à notre association. C’est Serge qui s’y colle. Avec comme discours, le témoignage délivré par Miguel Solé Pladellorens à son fils sur la bataille d’Écouché. Un moment plein d’émotion surtout, lorsque la voix s’étrangle à l’évocation de la mort de Constantino Pujol, qui s’éteint dans les bras de son ami Pedro Solé, le frère de Miguel. Serge souligne également la présence parmi nous de Mary y Luz Cariño-Lopez et de Marie-José Cortés, toutes deux filles de combattants de la Nueve.

Cette lecture se termine sous les applaudissements, et beaucoup de personnes dans l’assistance viendront nous voir pour nous remercier de ce témoignage. Beaucoup ont appris ce que fut réellement le rôle des Espagnols antifascistes lors de notre intervention.
Après diverses prises de paroles, dont l’évocation de la présence du 501e régiment de chars de combat (RCC) et le son des marches militaires, qui accompagnent généralement ces commémorations, nous sommes tous invités à nous rendre près du char Sherman Massaoua qui veille à l’entrée du village, au coin de l’avenue du Général Leclerc. il est surprenant de voir combien les heures de la Libération ont marqué cette cité, car beaucoup de noms de rue, de place portent des noms d’officiers de la 2e DB, en hommage à leur courage et à leur sacrifice.

Avant de quitter le cimetière nous faisons une escapade, en petit comité, jusqu’à la chapelle Saint Michel, qui se trouve dans le cimetière. Elle contient à l’intérieur, une statue du Sacré-Cœur, payée par les Espagnols de la Nueve au curé Verger qui célébra la messe de la libération. Messe à laquelle assistèrent même nos anticléricaux espagnols (voir le récit qu’en a fait le capitaine Dronne et qui est reproduit au milieu des ruines de l’église au cœur de la ville).

Enfin, nous nous dirigeons vers le Massaoua. Ce char appartenait à la 2e DB, il se plaça à l’entrée de la petite ville, et de cette position tira tout ce qu’il put. Tombé en panne, il resta sur place. Le maire de l’époque et le conseil municipal demandèrent alors aux armées la permission de le garder là. Il devint symbole de la Libération d’Écouché. Sur sa gauche, a été posée une plaque en l’honneur des Espagnols antifascistes de la Nueve qui ont tenu le siège du 13 au 18 août 1944, attendant des renforts.

C’est dans la salle du vin d’honneur offert par la mairie, que toutes et tous ont pu se promener parmi les portraits des hommes de la Nueve, peints par Juan Chica-Ventura.

Ils trônaient au mitan de la salle des fêtes ; face aux tables dressées et aux convives curieuses de graver ces visages et leur épopée dans leur mémoire. Notre association a pris encore une fois la parole, pour expliquer d’où venaient ces hommes, ce qu’ils avaient vécu avant d’arriver à Écouché, après : la libération de Paris, la campagne d’Alsace, l’arrivée au nid d’Aigle de Hitler et surtout leur déception de ne pas continuer pour déloger le dictateur qui sévissait sur leur terre natale, l’Espagne.

Puis ce fut l’heure des échanges à propos des événements, des échanges de contact, avant d’aller nous restaurer tous ensemble.
L’association a offert au président des anciens combattants et à Monsieur Bayard, un lot des cartes postales représentant les portraits peints par Juan, et nous nous sommes promis de garder contact pour d’autres évocations de ces réfugiés particuliers !