Faire connaître et cultiver la mémoire historique de la Libération de Paris en 1944, commencée le 19 juillet 1936 en Espagne, continuée sur différents fronts en Europe et en Afrique ou dans les maquis en France et qui se prolongea dans le combat contre le franquisme.


 
 

Presque tous ces soldats étaient arrivés en Afrique venant des camps de concentration français où on les avait internés à la fin de la guerre d’Espagne.

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Dans ces camps, on leur avait donné le choix de s’enrôler dans la Légion étrangère ou de rentrer au pays.
Disséminés en Afrique au sein des armées régulières de Pétain, beaucoup désertèrent pour rejoindre Leclerc, lorsque celui-ci organisa l’armée de la France libre. Avec lui, ils combattirent et triomphèrent dans tous les combats livrés, y compris contre l’armée de Mussolini et l’Afrikakorps, les troupes du maréchal Rommel, pourtant réputées invincibles.

Lorsque le général Leclerc forma sa fameuse 2e DB, en 1943, les Espagnols représentaient déjà une force importante au sein de son armée. Tous, ou presque, furent alors regroupés en un bataillon composé de quatre compagnies dont chacune abritait plus d’un tiers d’Espagnols, à l’exception de la neuvième, espagnole par excellence, où même la langue officielle et le commandement étaient espagnols. Dans ce bataillon d’infanterie craint et respecté, la Nueve avait pour mission de se tenir à l’avant-garde et d’affronter l’ennemi en première ligne.
Les supérieurs de ces soldats, considérés comme des individualistes et des idéalistes quelque peu insensés, leur reconnaissaient également une vaillance extraordinaire, le courage de ne jamais reculer ni céder un pouce du terrain conquis.
D’après Raymond Dronne, capitaine de la Nueve, ces soldats, que beaucoup voyaient comme des rebelles, « n’avaient pas l’esprit militaire. Quelques-uns étaient même antimilitaristes. Mais ils étaient de magnifiques soldats, des guerriers courageux et expérimentés  ». « Ils avaient spontanément et volontairement épousé notre cause », concluait-il, c’est parce « qu’elle était la cause de la liberté. »
Au sein des armées du général Leclerc, la Nueve se prépara en Afrique et en Angleterre, débarqua en Normandie à la fin du mois de juillet 1944, libéra Paris, et endura les plus durs combats pour libérer l’Alsace et sa capitale, Strasbourg. Elle parvint, enfin, jusqu’au bunker de Hitler, à Berchtesgaden.
Pendant tout le conflit, sur chaque tombe des compagnons morts au combat, les hommes de la Nueve déposaient un petit drapeau républicain espagnol.

Sur les 144 soldats espagnols enregistrés dans la Nueve avant le débarquement de Normandie, il n’en restait plus que 16 de valides à la fin de la guerre.