Faire connaître et cultiver la mémoire historique de la Libération de Paris en 1944, commencée le 19 juillet 1936 en Espagne, continuée sur différents fronts en Europe et en Afrique ou dans les maquis en France et qui se prolongea dans le combat contre le franquisme.


 
 
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Par German Arrue

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« Quand l’heure de quitter l’Angleterre est arrivée, on a embarqué à Plymouth. Le matériel embarqué était quelque chose d’incroyable. Ensuite, on est restés quelque temps en haute mer, en attendant l’ordre du débarquement. L’infanterie était la première à débarquer pour prendre possession du terrain.
« Moi, j’ai débarqué pas loin de Sainte-Mère-l’Église. Quand j’ai posé le pied sur la terre française, je me suis dit qu’on était revenu au même endroit – la France –, mais maintenant de façon différente : avec tous ces blindés, les tanks, toute la force mécanique, tout le matériel, on savait que les Allemands allaient passer un très mauvais moment. On était joyeux de débarquer ; on allait à la guerre contre les nazis comme à une fête. On y allait en chantant, tout en sachant que ce serait dur et que ça allait coûter beaucoup de vies.
« La plupart des villages de la côte étaient détruits. Tout était détruit, même les cimetières. Les bombardements détruisent tout, c’est normal ; les guerres ne respectent ni les cimetières, ni les personnes. C’était une guerre à mort contre les Allemands. Il fallait gagner.
« Un jour, on a subi, nous-mêmes, un bombardement par les avions alliés ; ils nous avaient confondus avec les Allemands. C’est Granell qui nous a sauvés, parce que, malgré les bombardements, il était sorti en courant pour installer au milieu de la route un grand panneau indiquant qu’on était les troupes de Leclerc. Ils l’ont vu tout de suite, et c’est ça qui nous a sauvés. Je crois qu’on est nombreux à lui devoir la vie.
« Nous, on n’avait besoin d’être commandés par personne. Dronne était notre capitaine, mais, en réalité, il commandait peu ; on se suffisait à nous-mêmes. On faisait des réunions entre nous sur la façon dont il fallait attaquer. Ensuite, on sortait par groupes de deux ou trois, avec des mitraillettes et des grenades, on attaquait les positions allemandes et on revenait avec les prisonniers. C’était très dangereux, mais ça réussissait presque toujours. »